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— le problème du racisme
— le problème de l'exploitation.
J'ai indiqué plus haut que l'objectif n°2 était une œuvre d'ensemble ; simplement parce qu'il visait à résoudre un problème qui n'est pas particulier aux Noirs : le problème de l'exploitation de l'homme par l'homme. Il n'est pas nécessairement lié à la couleur de la peau.
Quant au problème du racisme, on peut dire qu'il est spécifique à l'homme noir. On peut même poser l'équation suivante : Noir = Proletariat du monde. A cause de sa seule position sur la sucrerie du Noir. Prenez les Antilles françaises, hollandaises, anglaises. La même sauce. Prenez les Etats-Unis des siècles passés. Prenez les Etats-Unis d'aujourd'hui. Prenez l'Afrique. L'histoire est éloquente à ce sujet.
Les Blancs de l'Occident trouvent leur justification d'occidental dans la négation du Noir en tant que Noir. Ils ont du Noir un être sub-humain pour rationaliser l'exploitation du Noir. Pour ne pas s'humilier en tant qu'hommes.
— Oui, bien sûr, il y a le « Code Noir » de Colbert. Mais tout de même, cette exploitation du Noir ne peut pas être simplement un fait de psychologie appliquée, car en fait, le racisme apparaît bien comme une manifestation de la lutte des classes. Il n'y a qu'à reprendre les exemples.
STOCKELY. — D'abord, il y a un problème immédiat : celui de la prise de conscience de la victime en face du bourreau. C'est en tant que Noirs que nous entendons nous battre.
Il reste qu'aux Etats-Unis, un Noir « bien placé » sur le plan économique n'échappe pas au racisme.
Il n'est que de lire la presse américaine pour s'en convaincre. Le problème du racisme ici n'est pas nécessairement lié au problème de l'exploitation.
Le racisme fait partie de l'arsenal idéologique et pratique de l'impérialisme américain. Les Noirs sont d'autant plus exposés que les Blancs occidentaux ont détruit les cultures africaines de l'homme noir, les Noirs, dans le monde, parlent la langue de leurs maîtres.
Or la culture comme dit Fanon, est une « force cohésive » : Il leur faut donc aussi résister à cette culture d'imposition (le pidgin, le petit-nègre ?).
Dans le cadre des Afro-américains cela transparaît sous la forme du christianisme. Le christianisme est une culture d'imposition, c'est-à-dire essentiellement une culture impérialiste, parce que liée à l'idée de la valeur universelle du maître. Vous devez en savoir quelque chose en Afrique, avec le cortège de conversions forcées.
En fait, la libération culturelle est une chose très importante. Elle doit viser à répéter le système d'éducation du maître (en tant que stade final de l'imposition culturelle). L'éducation capitaliste vise à
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— De quel ordre est-elle ?
— Elle est nécessairement politique.
— L'une des limites objectives des dirigeants qui nous ont précédés est la suivante : il ont fait appel aux oppresseurs et non aux opprimés. Nous, nous faisons appel aux opprimés. Nous leur disons :
« Si vous voulez être libres, il faut vous battre ! » Le président Mao Tsé-toung indique avec raison que « le pouvoir est au bout du fusil ». C'est juste. Nous opposerons nos fusils libérateurs aux fusils racistes de l'impérialisme américain, dans ses propres villes.
Nous le forcerons à se battre comme nous l'entendrons. Comme font nos camarades vietnamiens. S'il veut utiliser du napalm et des rockets sur ses propres villes, nous n'y voyons pas d'inconvénients, mais nous nous battrons, c'est une chose entendue.
— Vois-tu un rapport entre votre lutte et celles des camarades vietnamiens, et des autres peuples en lutte contre l'impérialisme, U.S. en tête ?
Bien évidemment, chaque fois que les bases de l'impérialisme sont minées à l'extérieur, notre lutte s'en trouve proportionnellement avantageée.
Nous voudrions bien par exemple qu'il se trouve un seul pays africain qui se développe par ses propres efforts, et non en allant mendier chez les Blancs occidentaux.
Nous en aurions fait, pour la mobilisation de nos masses fondamentales un modèle psychologique et méthodique à la fois. Mais on ne peut pas dire qu'il y ait un seul pays révolutionnaire en Afrique à l'heure actuelle. C'est d'ailleurs pour cela que l'O.U.A. est paralysée. Aujourd'hui, si des Noirs américains avaient à s'exiler en Afrique, pas un seul pays africain ne les accepterait pour la bonne raison que tous ces pays sont soumis au joug de l'impérialisme américain.
Toutes les petites bourgeoisies contre-révolutionnaires au pouvoir en Afrique sont inféodées à Johnson, et exploitent leur propres frères de couleur.
— Quelle est votre tâche principale en ce moment. Celle qui requiert actuellement la priorité ?
D'abord, éliminer nos ennemis, c'est-à-dire tous les mouvements contre-révolutionnaires voulant s'intégrer à la société capitaliste blanche.
Ensuite, organiser notre peuple pour qu'il acquière le mordant offensif, condition sine qua non pour briser le statut quo d'aujourd'hui. Car c'est bien cela que signifie la lutte défensive des Luther King et autres.
Pour vaincre, il s'agit d'attaquer. C'est un programme minimum.
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Interview téléphonique à Radio-La Havane
Déclaration de Camara Laye à la...
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